PARTICIPE FUTUR S'ENGAGE POUR LA CONSERVATION MARINE A TRAVERS LA RECHERCHE, L'EDUCATION ET LA SENSIBILISATION

Samedi 4 Août

Avec Yann, chef de bord et Antoine, guide ,pour cette 5ème mission à bord d’Alcyon, l’équipage est composé de bénévoles motivés : Michel, Dell, Natacha, Lucile, Jennifer nous rejoignent pour un café à Pin Port Rolland où Yann fait un premier topo d’introduction sur la semaine d’observation qui va se dérouler. Tout le monde a pris ses quartiers, il est 17h et Alcyon largue les amarres cap plein nord vers Porquerolles et le mouillage du Langoustier.
Pendant que nous essayons de naviguer à la voile, Yann coupe les légumes pour le couscous du soir. Le vent mollit et nous décidons d’affaler le génois pour ne garder que la grand-voile et un appui moteur afin de rejoindre Porquerolles.

En approche de Porquerolles nous affalons la grand-voile et choisissons une zone de mouillage entre les bateaux déjà présents sur site. L’apéritif est servi, une dépression passe loin devant nous le long de la côte, nous ressentons un peu son vent mais finalement nous sommes épargnés et c’est un très beau coucher de soleil que nous offre la Méditerranée. Après un bon repas, nous passons la première nuit à bord d’Alcyon, les uns sur le pont à la belle étoile les autres dans les couchettes du carré.

Dimanche 5

Réveil tôt ce dimanche matin à 6h30 : on peut observer le lever du soleil au-dessus de Porquerolles, la lune, elle finit de disparaitre. Après un bon petit déjeuner Antoine présente aux écovolontaires le programme et l’application OBSenMER, l’utilisation de la tablette ainsi que le projet Exit Plastic. Tout le monde se concentre pour retenir les moindres détails qui permettront de reconnaître les cétacés du premier coup d’œil. Après le plein de carburant à Porquerolles, nous quittons la côte vers 10h pour gagner le large et les observations peuvent commencer. Pendant qu’un premier groupe se concentre à guetter le moindre mouvement à l’horizon, un second groupe effectue le protocole de comptage des macro déchets. Pas de cétacés dobservés à l’horizon mais Natacha récupère coup sur coup un ballon en plastique puis une bouteille d’eau à la dérive grâce à l’épuisette.

Nous observons par la suite quelques Pelagias noctiluca qui passent sous notre coque. Des ferrys et des paquebots se distinguent au large, l’activité maritime est ajoutée aux observations du jour. Nous faisons une pause repas à 4 milles au large du Cap Sicié. La veille reprend l’après-midi et nous avons la chance d’apercevoir un premier groupe de dauphins bleu et blanc (Stenella) qui viennent jouer un court instant sous le bateau. Un second groupe est aperçu plus au large mais les individus finissent par sonder, nous ne les reverrons plus. Toutes les données sont rentrées dans la tablette et le livre de bord. Les écovolontaires commencent à maîtriser les outils scientifiques.

Nous continuons la veille jusqu’au retour vers le Cap Sicié ou nous mouillons pour la nuit. Nous croisons un groupe de dauphins non identifiés sur le chemin. Pendant que les pattes aux légumes mijotent dans la casserole, Yann nous fait un topo sur la bathymétrie de la Méditerranée et nous définit les différents profils de fond : plateaux continentaux, talus continentaux, canyons et plaines abyssales. Chacun de ces profils attirent préférentiellement les espèces que l’on aimerait pouvoir observer durant notre semaine.

Lundi 6

Réveil 6h30, nous relevons l’ancre et faisons route vers le port de Saint-Madrier pour y déposer Lucile qui souhaite retourner à Terre car elle a eu le mal de mer une grande partie de la journée d’hier. Après avoir dit au revoir à Lucile, nous reprenons la route, Michel est à la barre pendant que l’équipage hisse avec les drisses les voiles sous le commandement de Yann. Cap au 145° toutes voiles dehors direction les plaines abyssales du large et les fonds supérieurs à 2000 mètres pour un long transect. Nous avons 25,3 milles à faire au près, Yann règle les voiles d’Alcyon. La surface de l’eau est trop agitée pour effectuer un protocole macro déchets de qualité. Nous décidons donc de lancer une veille attentive. Le vent mollit d’un coup et nous sommes de nouveau obligés d’affaler les voiles et de mettre un appui moteur.

Environ 2 heures après avoir quitté le port, nous apercevons un groupe de dauphins bleu et blanc qui nous suit pendant quelques minutes puis s’écarte de notre route.
Après plusieurs heures de navigation, Yann nous indique que nous approchons de la latitude ou beaucoup de Rorquals ont été observés ces dernières semaines de missions. A peine quelques minutes plus tard, Yann s’écrie « souffle ! ». C’est loin, très loin, au niveau de l’horizon. Nous nous approchons et réalisons que ce n’est pas un mais plusieurs rorquals. Il y a même un mola-mola (poisson lune) pas très loin d’eux. Nous dégainons les appareils photos et visons la dorsale pour la photo-identification. Nous comptons six rorquals divisés en deux sous-groupes et décidons de faire un suivi de l’un des deux groupes composé de trois individus. Les animaux changent de directions à plusieurs reprises mais ne semblent pas vouloir particulièrement nous éviter. Le plus grand des trois sort de l’eau sa nageoire pectorale, nous nous efforçons de faire de bonnes photos pour l’identification!

Le suivi d’espèce terminé, nous reprenons le transect de veille et observons de nouveau brièvement un groupe de dauphins bleu et blanc qui sautent autour du bateau, l’espace d’un instant. Pendant environ 2 heures, nous ne voyons plus aucun animal, nous croisons uniquement une caisse de polystyrène à la dérive que nous arrivons à pêcher. Nous sommes près de l’endroit où nous allons passer la nuit à la cape, nous commençons le tri du jour des photos quand soudain nous apercevons à nouveau un souffle, puis un second… En réalité, il s’agit de cinq rorquals qui se nourrissent probablement. Nous relevons les paramètres de cette observation et tentons de photo-identifier l’ensemble des individus du groupe. Nous sommes comblés par autant d’observations. Nous photographions un dernier rorqual au coucher du soleil puis nous nous arrêtons après avoir comptabilisé douze rorquals en un après-midi !

A l’heure du diner Yann nous donne les consignes de sécurité pour passer la nuit à la cape, notamment en cas de passage de navires aux alentours. La nuit est chargée d’étoiles, certains équipiers auront la chance d’entendre durant leur quart les souffles de plusieurs rorquals à quelques mètres du bateau.

Mardi 7

Réveil 6h30, petits nuages à l’horizon avec un lever de soleil rouge sur une mer de platine. Le petit déjeuner s’organise mais se trouve rapidement écourté avec la perception immédiate de trois rorquals. Nous ne savions pas à ce moment précis que ces premières observations ne seraient que le début d’une longue série de rencontre. Nous localisons très rapidement deux autres rorquals grâce aux souffles caractéristiques de ces impressionnants cétacés. Nous décidons de faire un suivi. Vers 9h, un groupe de deux rorquals est localisé et photographié, puis 30 minutes plus tard un second groupe composé de deux individus est aperçu.

Nous entamons notre quatrième suivi de la journée, il est 9h30 cela fait à peine deux heures que nous sommes sur le pont et nous sommes déjà à huit observations. Suivant une approche bien maitrisée par Yann à la barre, Alcyon n’effraie par les cétacés et nous sommes assez proches des individus pour pouvoir faire des photographies de qualité. Nous avons également la chance d’entendre leurs expirations en surface. La séance photographique continue, à 10h un nouveau rorqual est aperçu puis une tortue caouanne. Les observations se suivent et à la fin de la journée nous arrivons au record journalier de la saison avec un total de vingt observations de rorquals communs.

Mercredi 8

Apres une deuxième nuit passée au large, c’est un réveil tôt et un peu plus difficile pour toute l’équipe. Départ à 6h30 sans avoir le temps de prendre un petit café car les rorquals sont déjà au rendez-vous. A bâbord, à tribord….on ne sait plus où donner de la tête. Certains arrivent même très près du bateau. Il est 6h50, cela fait trente minutes que nous sommes éveillés et nous notons déjà neuf observations. Yann souligne le fait que c’est exceptionnel et que nous vivons des moments extraordinaires car il est rare de voir autant de rorquals en une semaine. Après une petite heure de suivi nous décidons de couper le moteur et de prendre notre petit déjeuner. Alors que Yann sert le café, nous sommes pendant plusieurs minutes accompagnés par le souffle d’un rorqual. Quel bonheur ! Mail il faut repartir pour reprendre un cap plus au nord afin de retrouver la côte.

A l’approche du talus continental et du canyon « Léa », nous nous mettons en suivi attentif dans l’espoir d’observer cette fois ci des cachalots. Pas de cétacés en vue mais des déchets qui croisent notre route. Nous laissons l’Ile du Levant sur notre babord et entamons un bord de près en direction du cap de l’Esterel lorsque la voix de Yann retentit « Tursiops !! ». Les dorsales d’une dizaine de grands dauphins apparaissent à 300 mètres devant nous. Nous relevons les paramètres et photographions les dorsales. Un des individus du groupe porte une marque blanche sur sa dorsale et nous le reconnaissons bien à chaque fois qu’il remonte pour respirer à la surface. La navigation se poursuit, nous tirons des bords jusqu’à l‘anse de la Badine ou nous décidons de mouiller l’ancre pour la nuit.

Jeudi 9  

Notre sommeil fut court au mouillage de la badine car le bruit de la discothèque de la plage voisine a résonné une grande partie de la nuit. Quel décalage avec nos deux dernières nuits au grand large passées sous le silence des étoiles et bercées par le souffle des rorquals ! Nous nous levons donc tôt et en levant la tête nous nous rendons compte que le ciel est couvert de gros cumulo-nimbus gris bien matures. Yann nous avertit que la météo va passer en vigilance orange « orages » l’après-midi et donc que nous n’irons pas en mer aujourd’hui. Nous prévoyons donc de faire dans un premier temps une partie du rangement d’Alcyon puis d’effectuer les protocoles d’intervention « Exit Plastic » au mouillage auprès des plaisanciers du coin. Nous avons de la chance : l’anse de la Badine est fréquentée par de nombreux bateaux. Nous gonflons l’annexe et partons à la rencontre de nos voisins de mouillage. Le contact se fait sans difficulté, intrigués par nos pancartes « Exit Plastic » placées sur chacun des bords de notre annexe, certains plaisanciers nous font même signe de venir les voir ! Nous leur présentons l’association Participe Futur et ses objectifs pédagogiques et scientifiques. C’est également pour nous l’occasion de leur parler du nouveau projet de l’association « Exit Plastic » et des différents temps de mission de ce projet dont notamment la dernière mission à Palerme qui a obtenu un franc succès. Nous les interrogeons sur la problématique de la pollution plastique en mer (formation de continents plastiques, mortalités animales…) et demandons leur point de vue personnel sur le sujet (moyens mis en place dans la vie de tous les jours pour limiter leurs consommations de plastique).

Durant chaque intervention le débat est constructif et les échanges se passent agréablement. Malheureusement, c’est au bout du troisième bateau interviewé que le grain se renforce et que Yann nous signale à la VHF qu’il faut revenir s’abriter à bord d’Alcyon. Nous passons le reste de la journée à nous reposer dans le carré à l’abri de la pluie. La soirée se termine en chant sur les airs de guitare de Yann.

Vendredi 10

Réveil 6h30, nous nous apprêtons à quitter notre mouillage de la Badine pour devancer le mistral annoncé. Nous rentrons à Port Pin Rolland et après avoir amarré Alcyon à son ponton, nous clôturons le nettoyage du navire et le tri de nos affaires à bord. Nous terminons cette mission exceptionnelle par un bon repas au restaurant.

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